Comment j’ai réussi à me dire « Je suis belle »

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La confiance en soi n’est pas une chose que l’on acquit facilement. Tout dépend bien sûr de notre vécu, des expériences que l’on a pu faire et j’en passe. Pour ma part, il m’a fallu 20 ans pour passer d’un « cette fille est belle » à un « je suis belle ». Je vous ai promis un article plus personnel, le voici.

Plus jeune j’ai toujours était une fille passe partout. Je ne faisais pas partis des filles populaires du collège et encore moins du lycée ! Mes choix de vie n’ont pas toujours était les bons. Je remercie tout de même ma famille et le peu d’amis que j’avais à cette époque pour m’avoir soutenue et m’avoir permis d’être la jeune femme que je suis aujourd’hui. Non pas la plus belle, mais au moins épanouis et plus ou moins en paix avec moi-même.

Jkanda

@Jkanda, Octobre 2015, je claque les dossiers !

Tout a commencé au collège. Quand vous aimez les mangas (surtout en étant une fille), vous êtes une paria. Sans parler du fait qu’on vous considère comme une geek ou une nerd. Mes parents ne m’ont jamais acheté de vêtements à la mode ou de grande valeur, je les remercie pour ça, et m’ont toujours laissé le choix de mettre ce que je souhaite. Autant vous dire qu’au collège je n’étais pas très féminine, voir en réalité pas du tout ! Je me cachais derrière des vêtements amples et des jeans. Du fait de mon harcèlement non demandé en primaire (quand on te baisse ta jupe en grande section, ça marque), je n’ai reporté une jupe qu’arriver en BTS ! Du fait de certains choix, je n’ai pas non plus attiré les bonnes ondes. C’est ainsi, alors je me suis finalement encore plus caché derrière des vêtements masculins.

Arrive la période de la recherche de soi, et autant dire qu’avec mes mauvaises expériences au collège, quand je suis arrivé au lycée, j’étais réellement perdu. Encore aujourd’hui, si on me pose la question je vous répondrai que je n’en sais rien. Au lycée, j’ai essayé d’être un peu plus féminine, mais rien à faire, le regard des autres ont continué à me gêner et me rendre mal à l’aise à chaque fois que j’osais un décolleté. Car bon, je les cache toujours, mais j’avais une paire de seins déjà bien grosse et un tour de taille assez fin pour mon âge comparait à celles qui m’entourais. Non, je ne cherche pas à vous faire complexer, puisque cette poitrine fut mon plus gros complexe jusqu’à mes 20 ans et même encore maintenant. Être regardée comme un morceau de viande n’aide aucunement à la confiance en soi, sans parler de mes actions passé qui m’ont beaucoup suivis jusqu’à la fin de mes années lycées.

Jkanda

@ Jkanda, Décembre 2016, Obtention de mon appareil photo

À mes 18 ans, je suis tombé sur AMD Vision lors d’une convention sur Valence. Cet homme ne m’a pas regardé comme un morceau de viande, mais plutôt comme une belle jeune femme qui se cache. En discutant avec lui, il m’a proposé de passer à son studio. Au départ, je me demandais très franchement s’il se moquait de moi. Je suis une femme invisible, sans rien à mettre en valeur… mais j’ai finalement sauté le pas. Je le remercie de m’avoir abordé ce jour-là avec sa femme Anne-Marie pour me proposer de venir essayer et voir si ça me plait. Ils ont eu devant eux une jeune femme brisée par son passé, par les préjugés et surtout, une jeune femme qui ne s’accepte pas du tout. Quand je voyais les photos, j’étais incapable de dire que je suis jolie. Pour moi, la femme sur ces photos était une parfaite inconnue. Il était impossible que ce sois moi, et si c’est le cas, je devais me cacher encore plus…

AMDVision

@ Photo par AMD vision, Tout droits réservé

Je suis resté en contacte avec AMD Vision. J’ai poursuivi mon année de BTS et voyant qu’on ne me regardait pas comme on le faisait jusqu’à maintenant, j’ai osé me libérer tout doucement. Ce fut plaisant d’entendre des « tu es jolie comme ça, franchement ça te va bien ! » et non pas des remarques déplacées. C’était des commentaires sans aucuns sous-entendus, juste de la surprise de voir que je suis belle et bien une femme ! Je suis alors retourné chez AMD Vision… trois fois depuis le premier shooting. Le dernier, j’ai enfin pu lui dire que je me trouve jolie. Que cette femme sur la photo, c’est bien moi, et personne d’autre. Il fut ravi de voir qu’il a réussi à libérer ce petit bout de femme qui se cachait derrière ces vêtements amples et uniforme.

AMD Vision

@ Photo par AMD vision, Tout droits réservé

Maintenant, je refuse qu’un homme me brise par son regard ou ces remarques déplacés. Je suis comme je suis, et si ça ne plait pas, c’est pareil. Je n’ai pas choisi mon corps, sachez-le. Toutes les femmes qui me disent que j’ai de la chance vous vous trompez, ce corps provient d’un vécu douloureux qui me poursuivra à vie. Il vient d’une longue période de doute, d’angoisse, de stress, de colère et de remise en questions constante sur ma vie. J’ai réussi à apprécier ce corps tant bien que mal, car il est le mien. Parfois je doute, oui, parfois j’ai envie d’être celui que je souhaite être (oui, vous lisez bien), mais à quoi bon ? Soyez comme vous êtes, aimez-vous tel que vous êtes. Votre corps est votre propriété. Ne laissez personne vous faire doutez de vous. Vous êtes belles, sachez-le !