Elle était là depuis longtemps.
Posée dans un endroit que plus personne ne regardait vraiment, entre deux silences et quelques poussières accumulées par le temps. Une poupée oubliée, abandonnée sans drame, simplement déposée hors du monde des enfants, comme si l’histoire s’était arrêtée sans prévenir.
Son regard fixe ne cherchait plus rien. Pourtant, il semblait encore attendre. Pas quelqu’un en particulier, plutôt une intention, un geste, une mémoire qui voudrait bien se souvenir d’elle.
Autour, tout avait continué. Les jours, les saisons, les voix. Mais elle, restait suspendue dans un autre rythme, celui des choses qui n’ont plus d’usage mais qui gardent encore une présence. Une trace.
La poussière n’avait pas seulement recouvert sa surface. Elle avait adouci les contours du réel, comme si le monde avait commencé à l’effacer avec délicatesse, sans brutalité. Et pourtant, quelque chose résistait. Une forme d’écho. Une histoire qui refusait de disparaître complètement.
Parfois, la lumière venait la frôler. Un rayon discret, presque hésitant, suffisait à lui redonner une étrange dignité. À ce moment-là, elle n’était plus seulement un objet oublié. Elle devenait un fragment de récit, une émotion figée, un souvenir sans propriétaire.
On ne savait plus à qui elle appartenait. Peut-être à personne. Peut-être à tous ceux qui avaient déjà perdu quelque chose sans s’en rendre compte.
Je remercie Milky et Joanna pour leur aide sur cette prestation











